| Ils
le suivirent , et il les mena jusqu'à leur maison par le même chemin qu'ils avaient pris pour aller dans la forêt. Ils n'osèrent d'abord entrer, mais ils se mirent tous contre la porte pour écouter ce que disaient leur père et leur mère. Au moment où le bûcheron et la bûcheronne arrivèrent chez eux, le seigneur du village leur envoya dix écus qu'il leur devait depuis longtemps , et dont ils n'espéraient plus rien : cela leur redonna vie, car les pauvres gens mouraient de faim. Le bûcheron envoya sur l'heure sa femme à la boucherie. Comme il y avait longtemps qu'elle n'avait pas mangé, elle acheta trois fois plus de viande qu'il n'en fallait pour le souper de deux personnes. Lorsqu'ils furent rassasiés, la bûcheronne dit : "Hélas! où sont maintenant nos pauvres enfants? Ils feraient bonne chère de ce qui nous reste là. Mon Dieu, les loups les ont peut-être déjà mangés ! Hélas, où sont maintenant mes enfants, mes pauvres enfants." Elle le dit si fort que les enfants qui étaient à la porte, l'ayant entendu, se mirent à crier tous ensemble : "Nous voilà, nous voilà." Elle courut vite leur ouvrir la porte, et leur dit en les embrassant :Que je suis aise de vous revoir, mes chers enfants ! Vous êtes bien las, et vous avez bien faim. |
Ils se mirent
à table, et mangèrent d'un appétit qui faisait plaisir
au père et à la mère : ces bonnes gens étaient
ravis de revoir leurs enfants avec eux, et cette joie dura tant que les
écus durèrent. |